Très petit historique

Je ne veux en rien prendre le travail des historiens donc je serai succinct quant à mes "souvenirs". Et puis de toute façon, je n'en ai pas le niveau !

Les ancêtres

De 3500 à 1500 avant JC, un peuple inconnu construit de nombreux monuments mégalithiques : dolmen, cairns, menhirs, tumulus. Désolé de tuer ainsi tout le travail des historiens que sont Uderzo et Gocigny, mais Obélix n'y est pour rien... Enfin pas tout finalement comme vous allez le voir au chapitre suivant...

Les Vénètes

Les Gaulois s'installent en Armorique vers 600 avant JC.

Au Ier siècle avant J.-C., toute la Gaule est soumise à l'envahisseur romain, toute, sauf l'Armorique... Vous avez déjà lu ça quelque part ? C'est un fait historique, même si contrairement à ce que nous apprend Astérix, c'est plutôt au sud qu'au nord de la péninsule que se passe les faits ;o)
Et plus exactement, justement, dans la région qui nous intéresse...

Le peuple qui habite les lieux, les Vénètes, est le plus puissant des peuples armoricains, surtout grâce à sa flotte. Tellement puissant que, même vaincu, ils donneront leur nom à la capitale, Vannes... Quand César décide de conquérir toute l'Armorique, il sait qu'il doit les battre eux, pour soumettre tout le monde... Ce sera la seule bataille navale de taille de la conquête des Gaules.
Les romain construisent un grand nombre de galères que Brutus - si, si vous savez tu quoque mi fili, tout ça - commandera. Cette armada part de la région de St Nazaire. Déjà le conflit entre Bretagne et Loire-Atlantique ? ;o)

Il se dit que le combat se serait tenu devant Port-Navalo - qui n'existait pas encore à l'époque, bien sûr - César l'aurait même suivi depuis la butte de Tumiac, qui porte désormais son nom. Des études historiques permettent de se rendre compte qu'il n'est jamais venu par ici ;o) Sans oublier que le golfe n'existait pas encore lors de la guerre des Gaules.

Par contre, il est établi que le combat a eu lieu quelque part face aux côtes du Morbihan.

La flotte romaine, composée exclusivement de galères se heurte à celle des Gaulois, plus de 200 voiliers de haut bord.

D'abord mal en point, les romains prennent vite le dessus, grâce à leur inventivité et aussi parce que les Dieux romains vont prendre le pas sur les Bélénos et autre Toutatis...
Le vent, "carburant" des bateaux gaulois va tomber, les immobilisant sur place alors que la mobilité des romains est assurée grâce aux esclaves ramant. Il y aurait eu un temps de Bretagne - vous savez, la mer déchaînée, chère aux Romains, euh habitants de la Rome antique, les romantiques quoi ;o) - jamais les galères n'auraient pu la tenir, la mer, et auraient coulées sans beaucoup d'aide des Gaulois...

Quant à l'inventivité romaine, outre les machines de guerre embarquées (baliste, tour...), elle s'est matérialisée dans des cordes équipées de lames, lancées dans les haubans... Continuant d'avancer, la galère tend la corde et les lames coupent les haubans, faisant tomber les voiles, voir les mats... Il suffit alors à d'autres galères de prendre d'assaut le malheureux bateau gaulois, pendant que les hommes qui n'ont pas été tués par la chute du mat se débattent sous la voile... Facile...

La victoire romaine est imparable...

Selon une technique répandue à l'époque et longtemps encore après, la soumission totale des peuples passe... Par le massacre des cadres (chef locaux, chefs militaires) et par la mise en esclavage du peuple...

Mais l'histoire des Vénètes ne s'arrêterait peut-être pas là...

A en croire l'étymologie, une des régions les plus connues de l'Italie a du recevoir ce peuple d'esclave plus que les autres... La Vénétie... Et oui, comme Vannes, se pourrait-il que Venise doive son nom à ces fiers Gaulois qui n'ont pas voulu, comme tant d'autres, ouvrir leurs bras à l'envahisseur et à sa culture... Même si une langue vénète s'est éteinte justement au moment de cette bataille, pourquoi ne pas croire que le nom de la région n'était pas alors Vénétie et qu'on a donné après coup ce nom à ce coin de l'Italie ? Ce serait une belle revanche pour ces Gaulois.

la Christianisation

Aux alentours des Ve et VIe, les Celtes Bretons sont chassés des îles britanniques par les invasions Angles et Saxones. C'est à la suite de cette immigration de cousins d'outre-Manche que l'Armorique devient la Bretagne. Avec eux, ou les précédant, de nombreux moines, souvent devenus saints, essentiellement Irlandais vont s'installer et (re)fonder des communautés. Ainsi Gwetlas à Saint-Gildas-de-Rhuys. Sept parmi eux vont être si célèbres que les communautés qu'ils vont fonder vont devenir les évêchés de Bretagne et qu'un pèlerinage particulier, que devait accomplir tout Breton au cours de sa vie va pendant des siècles rythmé l'univers religieux : le Tro-Breizh, ou tour de Bretagne.

Le Gwen-ha-Du, littéralement le "blanc et noir"...

Gwen-ha-du Il est tellement répandu en Bretagne, et ailleurs, qu'on le dirait éternelle, échappé d'un long passé, dernier oripeau du faste ducal... En fait il en est rien, il n'est même pas centenaire, juste octogénaire en 2005 !

Son créateur, Morvan Marchal, trouvait que le drapeau ducal (blanc semé d'hermines) ressemblait trop au drapeau royal (blanc semé de fleurs de lys). De loin en effet, la confusion doit être facile à faire, surtout avec les "régiments" chouans.

Donc, mettant à profit son passage à l'école des Beaux-Arts de Rennes - ma femme y a fait ses études aussi, mais elle n'a pas créé de symbole breton pour autant ;o) - il créa le Gwen-ha-Du en y mettant des symboles faciles à lire... Quand on a la clé...

Tout d'abord, dans le coin haut gauche, il conserve le drapeau ducal. D'où ce carré blanc semé d'hermines... Il est étonnant de voir que l'habitude actuelle d'en mettre onze ne repose sur aucune "directive" de Morvan Marchal...

Le reste de la surface se compose de bandes alternées blanches et noires (d'où son nom) : cinq noires et quatre blanches.

Elles représentent les évêchés (en bon indépendantiste en 1925, il était peut être encore proche de l'église ?) :

  • Dol, Nantes, Rennes, St Brieuc et St Malo, de langue gallo
  • Quimper, St pol de Léon, Tréguier et Vannes, de langue bretonne.

On notera donc la présence de Nantes sur le drapeau et l'écriture Guen-ha-du dans le breton de la région de Saint-Gildas-de-Rhuys.

Il est *juste* dommage que l'on ai oublié le côté obscure du mouvement auquel adhérait Morvan Marchal, mouvement compromis avec l'extrême droite nationale entre les deux guerres et les forces d'occupations pendant la dernière.

Heureusement, il n'y a plus cette connotation dans ce symbole.

Je vous laisse chercher les liens sur cette période si vous voulez en savoir plus.