Georges Cadoudal (1771-1804)

Né le 1er janvier 1771 à Kerléano-en-Brech près d'Auray, dans une famille paysanne aisée, Georges Cadoudal est élevé comme nombre de ses compatriotes Bretons entre respect du clergé et respect du Roi.

Bercé par les sirènes des modernistes, il finira par les rejeter vu les outrages fait par la Révolution, autant dans son anticléricalisme que dans sa volonté d'abroger les privilèges bretons (ce en quoi la Révolution a échoué, vu qu'aujourd'hui encore, il est interdit de faire payer l'usage des routes, d'où l'absence d'autoroutes à péages en Bretagne par exemple à ce que l'on dit). Visiblement, les révolutionnaires parisiens n'avaient pas vu l'importante place tenue par l'église et la religion en Bretagne (ni non plus en Vendée) à cette époque : l'avenir leur rappellera cruellement dans ce qu'on a coutume d'appeler la chouannerie.

A Plumelec, il refuse la conscription en 1793 (6 Ventôse an I, 24 février 1793 - la levée des 200 000 hommes, point de départ de la guerre de Vendée et de la chouannerie - voir la chanson de Tri Yann dans l'album "la découverte ou l'ignorance"). Il rejoint alors les Vendéens de Bonchamps sur la rive sud de la Loire et devient vite chef d'escadrons. Il quitte l'armée lors du désastre de Savenay, rentre en Bretagne et prend en main la révolte (des chouans) dans le Morbihan fin 1794.

Capturé et emprisonné, à Brest, il s'évade et reprend le combat. Il devient chef de légion, est blessé à Florange (on dit que c'est sa seule blessure). Arrêté de nouveau, avec sa famille (mort de sa mère).

Intransigeant, il s'oppose à l'idée même de paix lors des conférences de la Jaunaye et de la Prévalaye. Pire, il continue le combat après la paix de la Mabilais !

Il prend une part active aux préparatifs du malencontreux débarquement de Quiberon. Il y reçoit un commandement dans l'armée "rouge", débloquer la presqu'île tenue par Hoche. Quand celui-ci l'attaque devant Vannes, il arrive à sauver ses hommes.

Elu major général du Morbihan le 16 août 1795, il assemble chouans et émigrés rescapés de Quiberon, prend Sarzeau le 19 décembre 1795 et Locminé le 7 avril suivant. Ecrasé par le nombre et la férocité de l'armée Bleue et de ses "Colonnes Infernales", il fait sa soumission au général Hoche le 16 juin 1796 (après trois années d'âpres combats) et signe la paix le 22 juin 1796.

Il se consacre à la réorganisation de la chouannerie bretonne (Si tu veux la paix, prépare la guerre) et lutte contre le banditisme par l'extermination des chauffeurs (voleurs qui brûlaient les pieds de leurs victimes pour qu'ils révèlent leurs cachettes.) En 1798, le futur Louis XVIII lui a officiellement donné le commandement en Bretagne. Multipliant les liaisons avec les autres armées contre-révolutionnaires, il reprend les armes en 1799, reprenant Sarzeau - décidément- et ratant une fois de plus la prise de Vannes. Cette seconde guerre stoppe avec Fructidor, et Cadoudal retourne dans l'ombre des chemins creux, contrairement à de nombreux autres chefs, jusqu'à une autre défaite le faisant signer une nouvelle paix le 14 février 1800. Il part en Angleterre, où le comte d'Artois (frère de Louis XVI et Louis XVIII et futur Charles X) lui conféra le titre de Lieutenant Général des armées du Roi.

Semble-t-il manipulé par les généraux anglais, il retourne en France. D'abord en lutte clandestine contre le Consul Bonaparte (1800 tentative d'assassinat) il continue contre l'Empereur Napoléon (1804 tentative d'enlèvement). Ce dernier lui voudra une haine tenace, d'autant plus qu'il lui avait offert sa grâce et le grade de général dans son armée avant son départ pour l'Angleterre. Arrêté, il est condamné à mort et refusant tout secours de Napoléon, fût exécuté le 25 juin 1804.

Les restes de Georges Cadoudal (d'abord utilisés en médecine sous ordre de Napoléon, il avait la rancune tenace !) reposent maintenant dans un mausolée construit sur plusieurs périodes de 1825 à 1848 (!) sur la colline de Kerléano en face de sa ferme natale, à quelques kilomètres du champ des Martyrs où furent fusillés 953 émigrés et chouans faits prisonniers après le désastre de Quiberon.

Le souvenir d'un des seuls hommes à avoir fait trembler Bonaparte (avec Toussaint Louverture) est toujours vivace aujourd'hui au travers de l'Association pour le souvenir de Georges Cadoudal (Auray), pour laquelle André Jouannic a réalisé une statue, statue qu'elle espérait faire installer près du mausolée pour le bicentenaire de son exécution. La mairie d'Auray s'y est opposée.


Georges Cadoudal fut honoré des titres suivants :

  • Lieutenant Général des armées du Roi.
  • Commandant en chef des chouans de Bretagne.
  • Maréchal de France
  • Grande Croix de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis.

Et sa famille fût anoblie lors de la Restauration (1814).